La démarche de cet article est née de ma volonté de témoigner afin de tordre le cou aux idées reçues qui minent la vie de tant de gens sur Terre. Ceci, dans l’espoir d’aider les enfants et tous ceux, jeunes et moins jeunes, qui sont animés de bonne volonté, à changer leur regard sur ce phénomène insidieux qu’est le racisme.

J’ai récemment découvert la vidéo d’une maman montrant sa fille métisse de dix ans, qui racontait comment et à quel point elle était isolée et moquée à l’école, pour la seule et unique raison qu’elle n’est pas blanche. J’avoue que ce fut insupportable, terrible !

Et que dire du cas de ce petit garçon prénommé Nevada, âgé de trois ans, dont l’histoire fait actuellement le tour de la Toile ? Particulièrement doué au football, au point de dominer des enfants plus âgés que lui, il s’est retrouvé au cœur d’une polémique lors d’une rencontre sportive en Floride. Ses parents affirment qu’il aurait été pénalisé en raison de son talent et des performances qui le distinguaient des autres enfants. La direction du programme sportif avance, quant à elle, des désaccords concernant son comportement sur le terrain et celui de ses parents. Toujours est-il que la police a été appelée sur les lieux à la suite de ce différend, provoquant une vive indignation sur les réseaux sociaux. Si les circonstances exactes et les motivations des uns et des autres restent discutées, une question demeure : comment peut-on en arriver à mobiliser la police autour d’un différend impliquant un enfant de seulement trois ans ?
Toutefois, c’est la nature elle-même qui est à l’œuvre, et la vie qui nous impose à tous ses propres standards, inaltérables. Rien de plus. Menacer ainsi un enfant n’y changera absolument rien !
Concernant mon propre témoignage à travers la vidéo qui suit, bien entendu, l’accueil chaleureux et mémorable qui m’a été réservé au Lycée Français de New York n’était pas uniquement dû à mon apparence physique, fort heureusement. Je ne pouvais m’étendre davantage dans mes explications sans risquer de lasser le lecteur.
C’est bien une fille d’Afrique, et précisément du Bénin, qui a été ainsi accueillie et honorée, avec tout ce qu’elle représente.
Je tiens à souligner ici que, grâce à certains de mes oncles, tantes, cousins et cousines, grâce à ma famille proche et à celles et ceux qui m’aimaient véritablement, j’ai toujours pu marcher la tête haute.
Mon propre père, particulièrement respecté, avait par ailleurs une silhouette mince et athlétique. L’élégance admirable de Papa, qu’il fût vêtu de vêtements africains ou européens, faisait que je n’avais aucune raison d’avoir honte de qui j’étais. Son souvenir et les valeurs qu’il m’a transmises continuent d’ailleurs de m’accompagner.
Mes deux parents, issus de familles connues et respectées, ont toujours fait preuve d’une bienveillance et d’une générosité envers les autres dépassant tout ce que l’on peut imaginer. J’ai donc toujours été profondément fière d’eux.
Plus que tout, ils m’ont enseigné et démontré que les privilèges ne font pas la noblesse et que, bien au contraire, c’est l’histoire de notre vie qui révèle qui nous sommes véritablement, selon que nous ayons été ou non capables de bienveillance et d’amour.
Je ne renie donc en rien mes propres origines, auxquelles je n’ai jamais cessé de faire référence, aussi bien lors des quelques émissions télévisées auxquelles j’ai participé que dans les divers articles de presse qui m’ont été consacrés.
Mon témoignage insiste tout simplement sur le fait que nul n’est prophète en son pays, comme nous le rappelle d’ailleurs l’histoire de Jésus de Nazareth.
La Terre est vaste et elle est notre Mère à tous. Nous devrions pouvoir être libres de vivre là où nous nous sentons le mieux, en harmonie avec nous-mêmes et avec nos valeurs intrinsèques.

On peut donc être fidèle à soi-même sans trahir les siens et, encore moins, l’humanité tout entière, qui nous a tous enfantés.
Chers enfants du monde, chère jeunesse de notre humanité, soyez donc, avant tout, toujours vous-mêmes : libres d’esprit, porteurs et semeurs du Bien suprême qui nous vivifie et nous anoblit tous.
En cadeau, cette chanson écrite pour vous :
Amicalement, en toute humanité,
Eurydice Reinert Cend
Eury R Cend

